… Z.


Pas le temps
20 mars 2008, 10:52
Classé dans : Poésie, Révolte, Écrits

Écrire? Non, en ce moment ma vie est un frigo à vider. Des restes pourris, des courses à faire… ce sont les premières étapes pour maintenir mon existence physique. Une liste d’épicerie? Pourquoi? Alors en attendant, je vous refile des restes encore comestibles. J’avais vécu ce phénomène durant des travails d’été qui m’avaient rendue mécanique durant quelques mois. Que l’école me fasse le même effet, c’est une première. L’an prochain, vivement l’Université. Je commence à m’ennuyer moi-même à force de stagner à la même place; de surcroît rien ne justifie cette présence quotidienne sur une chaise en plastique, étant donné faute de participation. Heureusement, certains professeurs résistent encore au fâcheux réflexe de nous “normaliser”, et ce sont les seuls cours (le seul cours?) qui me motivent vraiment. Je tenterai de poster un billet plus substantiel durant le congé… Voici pour l’instant ce reste comestible sans titre, mais que je vais intituler pour l’occasion:

Guerre

DIALOGUE ENTRE UNE GUERRE ET UN FUSIL

Il la saisit au niveau des bras
Fermement il agite son torse démantibulé

« Ça suffit ça suffit, »entend-on
La lumière s’ouvre
Combien long est une mascarade

« Long le fleuve qui mène au ciel »
Tranquille, non!
Les enchaînés se traînent les pieds

« L’un en avant! L’autre! L’un! L’autre! » la voix crache
S’encourager dans un périple vers le trou noir
L’inconnu semble magnanime face à la peur
L’espoir se prosterne devant la violence

« Donnez-moi votre espoir vous n’en aurez pas besoin »
« Coups de consonnes »
« DICTATURE! » pourquoi
Comment
Le vol de l’oiseau
Dans un ciel bombardé

« Admire les cratères » on en voit si peu dans une vie
Ah oui?
Eh oui!
Ces chairs martelées
Béant frappe frappant
On n’attend plus la voix du haut-parleur

« Chaque jour un de tes frères meurt sinon plus »
« Qui es-tu que me dis-tu »
« Je ne t’écoute pas », les voix meurent sans l’ombre d’un écho
Tout est plus rapide que la balle du fusil
Même le sifflement est inaudible

« Une onde m’a touchée »
« Écoute-moi »
« Je me tairai »
« AUSSI LONGTEMPS QU’IL FAUDRA MES FRÈRES! »
« Cette putain de tranchée de vie de monde de malheur qui n’en finissent plus »
« Pourquoi n’ai-je pas accès à mon lot de lamentations moi aussi »
« J’exige mon dû »
Mais aucune solde n’est à zéro
Même si les possibilités impossibles comptent
Ta dette prévaut



Noir (archives)
14 février 2008, 12:33
Classé dans : Poésie, Écrits
L’obscure obscurité
Dont les entrailles se taisent
Chercher la lumière
Loin de l’interrupteur

Se brûler les doigts
Sur le bulbe
Au feu

C’est un pétale solitaire

Le rayon s’évade par
Les rares sons émis

L’aphonie du cœur
Cloué par l’éphémérité de la vie

Drapeau brandi
Blanc par défaut

Reconnaissance de l’épuisement
Nul ne veut mourir au combat
Sans obtenir gain de cause

N’y a-t-il aucune certitude
Autre de ne rien avoir

Que la poussée d’en dedans

La voix inconnue, intruse
Si la noirceur se tait
Cette voix ne peut-elle pas se taire

Ignorer est un luxe
Dont la conscience
N’ose point faire fi
À la fin d’une phrase

Parce que l’amour encore /

Ignorer est un luxe

Rarement offert.



Polluent la lumière (+ voir commentaire)
28 janvier 2008, 6:59
Classé dans : Poésie, Écrits

Cette certaine chose

Un sentiment vif
Qui siffle comme l’air qui fuit

Rayon incandescent
Jugements rapides et précipitation
Succession de regards furtifs

Sans compter les mots en suspens dans l’atmosphère
Polluent la lumière
Constant mouvement de particules
Infime répulsion inévitable

Ajout, portée
Chute, pointe
Éblouissement
Rotation
Clair-obscur

Quelques mouvements brefs
Dos ronds et pieds plats
Il n’y a que – tous cambrés
Entre l’ombre et la chaleur
Courbes et lignes discordantes
Brisent la dérive de la poussière

L’espace se tord sous nos doigts
Qui piquent durement le vide
Aiguilles d’une horloge
Ne laissant indemne que la pénombre
Entre l’astre et la ligne d’horizon

Réverbères criant parmi la solitude de la nuit
Vibration, tremblement
Bruit sourd, grondement
Quelque certaine chose s’en va à pas feutrés

Monochromatique chorégraphie en suspension
Qu’un répit volé
Dans un dédale incongru

Fragments d’existences surréalistes
Débris de miroir

Ostentation d’humanité



Examen
11 janvier 2008, 12:51
Classé dans : Poésie, Écrits

Ne fais pas cet air, tu connais la chanson

Lèvres sang entrouvertes
La mâchoire serrée
Les joues saillantes
La pupille qui perce
Ta peau encore

Une voile luminescent
Qui parcourt les coussins de ses larmes
Une poudre étoilée
Qui n’est nulle autre qu’une rafale de perséides
Laissant des cratères immenses en toi

Rayons lasers
Cils éventails
Battement fatal
Rien n’égale ces iris éblouissants décortiquant
Ta carcasse toujours

Un chant répudié par l’enfer
Qui s’élève dans la bruine
Un mort-vivant
Qui de sa seule sa tristesse
Saura attirer ta faveur

Blanches
Rayées
Transies
Résille emprisonnant les jambes
La course s’interrompt

Une voix en si mineur
Qui de ses dissonances ne t’épargne jamais
Un esprit égal
Qui de ses soubresauts t’envoûte encore
Toutes ces surprises sont prévisibles dans leur imprévisibilité

Toi qui trouve ta valeur
Dans l’œil de qui regarde
Te laisse-t-elle indemne dans la lumière
Te laisse-t-elle dans ton monde barbare
Te laisse-t-elle être

(P.S.: Je ralentis le rythme ici, mais je ne cesserai pas d’écrire. J’essaie de trouver de nouveaux sujets, et pour cela il faut une période de couvaison…)



Parce que nous sommes le même
25 décembre 2007, 5:11
Classé dans : (illustré), Poésie, Écrits

Ne t’explique pas
Nul besoin de comprendre les heures qui t’affligent
Il importe peu de ta vie ou de la mienne
Chaque poussière la même poussière
Son vol au vent seul est unique
Et encore, mais encore
Tes cendres seront mille lieux communs pour moi

Tu es mille lieux communs
Nul besoin de direction
Nul besoin d’indication
Un fil suffit
Brise-le, rompt-le
Jamais le confort de la vie moderne ne suffit
Il t’en faudra encore plus

Boîtes



À la mémoire
29 mai 2007, 9:12
Classé dans : Poésie, Révolte, Écrits

Entre Révolution
Et chair à canon
L’instrument de la démocratie
Oeuvre pour une tyrannie
Le tyran du Nous
Le désir du Tout
Nous enhaîne nous lie
Nous traîne nous sali
Société détraquées
Dont les rouages rouillés
Accélèrent la cadence comme folle
D’une marche vers l’école
Des enfants qui jamais plus ne joueront à la marelle
Des enfants déjà séniles

Quel est le sort qu’on se réserve
S’entretuer se détruire
Échoués sur la grève
On ne désinfecte pas le navire
Et la peste ronge les corps
Ces rats amants de la mort
Tel lors de l’ère glacière
Il ne restera que les rongueurs
Les vermines et la poussière.



Ailleurs
17 avril 2007, 10:19
Classé dans : Existence, Poésie, Révolte, Écrits

On se retrouve ailleurs
Dans l’instant d’un moment
Parce qu’un homme tremblant
Crie comme un chien qui meurt

On ne sait pas vers quel dieu se tourner
Et vers l’enfer les yeux baissés
On se demande dans quelle société
On tue la justice à coups de lâcheté.

Inspiré spontanément de Virginia, mais je ne connais pas les circonstances exactes. Expression seule d’une réflexion sur la société nord-américaine.



à MA mademoiselle liberté
1 avril 2007, 10:01
Classé dans : (à souligner), Espoir, Poésie, Révolte, Écrits

Les gens croient que la mauvaise foi est un acte de lâcheté
Que la mort est le remède des faibles sans volonté
Alors qu’ils n’auraient jamais le courage de renoncer et de comprendre qu’ils en ont assez
Train-train du quotidien et machines de la vie moyenne
L’existence en combos géants et vie-et-bouleau-inclus-deux-pour-un-payez-demain
Les gens pensent que la lâcheté est la pire des tares qui soient
Alors que par lâcheté on fait souvent ce qui est mieux pour soi ou du moins pour les autres
Ils ont leurs soucis nous avons les nôtres
Tout est faux, trop étrange, pour la vie qui nous frôle quelques éphémères années
Je ne vois pas toujours ce que j’y avais vu de si beau de si grand
Car maintenant, tout a rétrécit, tout est si petit
L’esprit du peuple l’esprit des gens d’ici et d’ailleurs
Mais il m’importe peu de savoir qui a raison ou tort
Il y a longtemps que j’ai perdu le nord
Je ne crois guère plus en rien ni en personne
Chacun pour soi je sais seulement que c’est ainsi que ça fonctionne
Malgré cet altruisme de pacotille qui circule et irrite les commissures gercées de leurs lèvres
La vie n’est qu’une série de solitudes dans la foule
De toutes ces choses que l’on refoule
Jours et nuits nos rêves oubliés dans le cri du réveille-matin
Dissipés par l’entrée au bureau et la répétition des mots

Mademoiselle Liberté
Contentez-vous de la perfection et non de la réalité
Laissez de côté ceux qui s’accoutument des banalités qui tuent la fantaisie de la vie
Ne daignez pas vous laisser convaincre pas les sottises que l’on vous raconte pour vous anesthésier
Ce ne sont que les sornettes des gens médiocres et moyennement audacieux
Battez la vie au fer rouge avant qu’elle ne refroidisse
Ne la diluez pas comme on dilue un café corsé
Ne fuyez pas l’extrême parce que le troupeau complaisant ne sait que l’éviter
Ne vous bornez pas à ces modèles de modération que l’on nous montre en exemple
Vous pouvez faire un chef-d’oeuvre de votre vie
Une toile de couleurs imperceptibles et de lignes infinies
Un tableau si pourvu de couleurs qu’il n’en sera que blanc pour le commun des mortels
Mademoiselle Liberté
Soyez libre de tout des contraintes physiques gravitationnelles émotionnelles
Les sentiments ont été inventés pour être classés
Mademoiselle Liberté
Soyez au-dessus de tout au-dessus de la vie elle-même
Vous nous reviendrez par de la vie qui endort
Mademoiselle Liberté
Volez volez

Offert à la femme qui mérite de pouvoir rêver à tout.



Poème 8,5 x 11 - Comme une plainte
1 avril 2007, 9:51
Classé dans : Existence, Poésie, Révolte, Écrits

Long et sinistre comme l’agonie
Le temps s’infiltre à même le cœur des hommes
L’explose et le rebâtit

Tel le froissement de l’ombre
Imperceptible et surréaliste
Pourtant; il existe

Un pont chancelant
Entre la mémoire du son et les réverbérations du toucher
Il semble noir, ce tournoiement circonscrit par la chute

L’orbe sans faille du miroir
Brisant l’élan régressif
De l’être égaré

Recroquevillés, petits orteils balancent
Au-dessus du commencement de la fin
Quand le souffle chancelle

Brûlure initiale
Paralysant l’âme qui déjà morte
Se relève inconsciente

Somnambule ignorant le rêve
Agité dans sa torpeur
Il n’y aura plus jamais de nouveau réveil

Passé les premières fois
Tout se ressemblera comme des variations
D’une partition à une note

L’endroit et le piège choisi
Libération reportée
Livrer les supplices du silence

Quand le bruit continuel
Du cœur qui bat
Se tait pour laisser cours à ce qui jamais plus sera

Essayer sans parvenir
Sourire et pressentir
Ça ne tourne pas rond

Quelque chose est né
Quelque chose est la mort
.



Parce que
20 mars 2007, 10:12
Classé dans : Existence, Poésie, Révolte, Écrits

Parce que la nuit s’ennuie

Parce que le jour se meurt dans le crépuscule

Parce que tout fuit et rien ne reste

Le soleil quitte lentement l’horizon

Ne laissant derrière lui que l’écho des heures volées

Est-ce un châtiment

Pour avoir espéré