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Sans faire de bruit
27 novembre 2009, 8:31
Classé dans : Existence, Poésie

Alors comment dire l’invention du vide

De ces forteresses de poussière bâties sur ces mondes parallèles
qui se côtoient tels les gratte-ciels d’une ville trop grande pour ne pas étouffer de son ambition

Alors comment dire les vivants qui se meurent davantage de vivre que de mourir

De ces empires éteints régnant sur ces paysages désolés entre les vallées
qui ne sont que les sommets de dieux déserteurs

Alors comment dire les histoires trop effrayantes pour chasser les petits au lit le soir

De ces affranchis enchaînés par ces apocalypses
qui multiplient les possibles par la seule construction permise après les ravages

Alors comme dire l’angoisse existentielle naissant hors de l’existence

De ces paris perdus le long de ces lits de rivières desséchées
qui pleurent de leur propre mort éphémère

Alors comment dire les silences des déceptions hurlantes

De ces moissons espérées sur ces champs de terre brûlée et de sang
qui sont stériles d’attendre la pluie et les os

Alors comment dire les raisons dérisoires inventées pour soutenir les yeux accusateurs

De ces enfants-soldats tués aux fronts de ces guerres de pacifisme
qui consolent les âmes d’hommes déjà morts

Alors comment dire le soulagement de l’exil à ceux qui restent pour fixer l’impasse

De ces oiseaux migrant vers ces littoraux encore plus hostiles
que la mer dans laquelle l’immensité se perd

***

Tant de paysages dont l’on ne s’explique pas l’existence tant de tableaux peints à même les affres de la terre qui nous voit faire ce que l’on fait

Difficile à prouver la réalité des choses irréelles difficile de tolérer l’absurdité de l’abstraction prenant le pas sur le vrai

Il ne faut pas confondre persévérer et s’acharner il ne faut pas confondre l’issue selon la défaite ou la victoire

Mais voilà que je parle trop fort, que je ris trop bruyamment, que je vis trop vivement pour cette longue saison de silence.



De retour pour de bon
17 octobre 2009, 12:45
Classé dans : Espoir, Existence, Poésie, Écrits
[ Un «bref» poème écrit à gauche et à droite depuis un petit bout de temps, pour confirmer, comme le titre le dit si originalement (mais c'est le titre du poème de l'extrait, juste un hasard comme un autre), que je suis de retour pour de bon. J'écris, j'écris! Et pour le mieux, d'ailleurs. Remarquez à quel point je m'efforce de terminer mes écrits sur une note positive, alors que j'en étais incapable il y a un an. Sur ce, à très bientôt! ]

Vivre avec la sourde et irrationnelle crainte
De se trouver un jour sans prévenir au creux du cœur une colère
Qui se déplie sous nos yeux comme des draps froissés
Et repasser dans sa tête le cours des évènements
Sans comprendre

Vivre dans la constante attente
De briser un jour sans prévenir sous le poids des années
Qui ont rongé nos convictions les plus intimes
Et de se demander qui l’on est vraiment
Sans savoir

Vivre dans l’anxieuse fébrilité
De cette incertitude constante à laquelle on s’est accoutumés
Qui sans prévenir talonne chacun de nos pas
Et de chercher des points d’ancrage
Puis perdre pied.

Pourtant malgré les avertissements de cette conscience
Nous finirons tous un jour par faire la sourde oreille
Mais elle aura gain de cause; je n’en douterai plus
Ce ne sont pas des menaces en l’air
Je l’apprends, je l’apprends

Pourtant la curiosité des limites est plus forte
Nous finirons tous par les franchir; je n’oserai m’en excuser
Mais je témoignerai de ma bonne foi du moins
Ce n’était pas mon intention première
J’en reviens, j’en reviens

Pourtant la vie triomphe toujours chez les vivants
Nous finirons tous un jour par mourir
Mais en attendant vaut mieux en rire
Ce n’est pas comme si le futur était déjà écrit
Je n’ai pas encore perdu le goût des paris.



NOUS
28 avril 2009, 12:06
Classé dans : (à souligner), Espoir, Existence, Poésie, Écrits

[ Il fallait simplement que je prévoie ne pas écrire pour écrire, semble-t-il... et c'est tant mieux! Écrit avant-hier.]

Nous espérons
Bel et bien renaître
De ce présent que nous réinventons

Pour nous protéger du non-regard
De l’ignorance
Et de la peur

Pour tout cela, nous sommes revenus
Cent fois à l’essentiel de
Nos petites personnes

La rage qui nous dévore
La peine qui nous rouille
L’insouciance de nos bonheurs

Et que dire de cette machinerie
Étrange et intrigante
Qui bat au-delà de nos viscères.

Nous leur avions absurdement
Interdit de mourir
En ignorant tout de cette vie qui les tuera

Ô combien détestons-nous
Ces aperçus de grandeur
Des possibles inaccessibles qui jouent le jeu

Ô combien aimons-nous
Ces promesses de lumière
Qui réchauffent nos soleils

De longs corridors – prisons
Qui s’évaporent
Sous les ciels de nuits d’été

Des siestes – chronophages
Qui sont bercées
Dans des nids d’odeurs familières

Ces entretiens avec des fantômes
Longuement, nous y excellons
Puisqu’ils nous répondent.

***

Il y a ce «je» interchangeable et pluriel
Qu’importe l’identité du narrateur
Seule l’histoire compte

Dans l’universalité de la réminiscence
De la douleur
Toutes les âmes liées se valent

Dans l’universalité du sourire
De l’avenir
Tous les rêves persistent

Ce serait nous ou moi
Que cela serait pareil
Ce que les autres y verront n’en tiendra qu’à eux

Tous aussi uniques et concernés qu’ils se croient
Tout cela ne regarde que nous
Et l’amitié.



Drapeau blanc
17 février 2009, 1:46
Classé dans : Espoir, Existence, Poésie, Écrits

J’écoute Brel, Cabrel et Bruel
Et lentement, les chansons me rappellent
Le bruit des pas sur le plancher
De ceux qui m’ont désertée

Puis sans prévenir

Parce que je ne comprends pas pourquoi je pleure
Sinon pour les secondes qui meurent
Parce que je n’ai rien à envier à personne
J’oublie mes erreurs et me pardonne

Une étoile s’illumine

Je vois tous ces regrets que je n’aurai jamais
Mais qui me suivront toujours de près
J’apprends à croire que j’irai assez vite devant
Vers tout ce qui m’attend

C’est à moi

Oui, même mon malheur
Pourquoi me ferait-il peur
Si c’est moi qui le choisis
Alors même à lui, je souris

Bien au creux de mes bras

Je berce mes rêves et mes craintes
Je revendique mes rires et mes plaintes
Le meilleur et le pire de moi-même ne seront toujours qu’au final
Celle que je suis, par-delà bien et mal.



L’histoire muette – ou une lettre à ceux qui se reconnaîtront
13 février 2009, 8:59
Classé dans : (à souligner), Espoir, Existence, Écrits
« Le plus grand gage d’amour est inévitablement terrible;
terriblement beau. »

Il y a de ces histoires auxquelles n’appartiennent aucun mot. Tous y sont de trop, et pourtant, certains s’évertuent à vouloir les raconter. Lorsqu’il s’agit de bonheur, de joie, les tentatives de récit s’avèrent charmantes malgré leur maladresse. Cependant, rien n’éveille en moi autant de triste désolation que le spectacle d’une narration décousue des tragédies sans mot. Que l’être humain soit dépassé par le bonheur, soit : il n’y a rien de douloureux dans ce constat, mais qu’il le soit par le malheur me force à contempler l’affliction possible de l’existence. J’admire ceux qui existent en dépit de leur inexistence, ceux qui vivent la terrible épreuve de surmonter le pire, souvent en souriant. Cependant, je sais que l’admiration n’est pas le terme approprié. Devrais-je plutôt dire immense respect? Ou curiosité? Parfois, j’ai du mal à savoir si leur courage tient davantage de l’inconscience que de la force, de la petitesse d’âme que de la grandeur. Après tout, il faut être sensible à ces choses pour en ressentir la pleine puissance. Mais de ces gens qui le font par courage, par force et par grandeur d’âme, je saurai reconnaître et dire, « voilà ceux qui porteront en silence le poids du monde sur leurs épaules et qui le feront avancer avec eux quoiqu’il leur en coûte. » Ce qui est encore plus impressionnant, c’est la capacité de ces gens à retourner leur veste, tantôt accablés de réalisme, tantôt ivres d’espoir et de fougue. Exister le long de cette frontière fragile, la frôler volontairement, provoquer le hasard, lutter avec tant de véhémence contre le fatalisme tout en ayant conscience que Dieu, s’il existe, joue parfois aux dés contre nous et nous contre lui.

Cette histoire muette, ce sont ces gens qui l’écrivent, ce sont eux qui empêchent les rouages sociaux de rouiller. Bien qu’ayant l’inébranlable sentiment que rien ne changera, ils s’évertuent à faire une différence. Parfois, la différence devient telle que les autres ne peuvent l’ignorer, et l’histoire muette gagne une voix. Ce n’est pas la reconnaissance qui les anime (ou les a animés), mais bien ce que certains appellent le feu sacré. Le feu seul n’a rien de sacré; c’est avec la conviction immuable qu’il le devient. La conviction en la raison de nos actes est ce qui nous permet de repousser nos limites et nous rapprocher un peu plus de ce qui nous dépasse, en trouvant son expression la plus criante dans les gestes qu’elle engendre.

Alors à tous ceux qui ont plus à cœur l’intérêt des autres que le leur, à tous ceux qui se battent pour des causes déjà perdues, je dis : vous les gagnerez. Un jour, nous les gagnerons.



Petite page volante
27 janvier 2009, 8:51
Classé dans : Existence, Poésie, Écrits

Le gravité du monde signifie peu
par rapport au poids de l’existence.

Et dans la nuit noire
un astre tend à une vitesse vertigineuse vers le sol.

Et dans une seule fin du monde,
l’embrasse.

… … … …

Il n’a jamais été question
d’autre chose que de
l’apocalypse et du
jugement dernier, ne
l’as-tu jamais su?

Tout se termine dès
le commencement;
même l’éternité.



Ça ira
22 décembre 2008, 12:04
Classé dans : (à souligner), Espoir, Existence, Poésie, Écrits

Tu as pris cette odeur de brûlé
Bien au creux de ta main
Tu as refermé ta grande paume
Sur cette petite mort

Tu as regardé ces cheveux
Là, juste au-dessus de ton front
Et quand tu fermes les yeux
Ils te frôlent les paupières

Cache ton jeu
Si perdre t’es égal
Ça ne suffit toujours pas
Pour effacer l’amertume

Tu as regardé ces larmes
Là, juste sous tes cils
Et quand tu fermes les yeux
Elles te frôlent les joues

Après tout
Ce n’est qu’un miroir
Parmi les autres
Détourne ton regard

Tu respires lentement
Là, dehors sans foulard
Et quand tu fermes les yeux
Des aurores boréales frôlent ton cœur

Alors bon, ça ira.

Ça ira.



Rappel
10 novembre 2008, 7:06
Classé dans : (à souligner), Espoir, Existence, Poésie, Écrits

Il y a quelque chose d’ésotérique
dans les recommencements
(et dans leur caractère si unique).

Une chose mystérieuse, inattendue qui
souffle sur son passage les anticipations.

Comme le ferait innocemment un enfant
avec ses bougies d’anniversaires.

(Il n’y a qu’un seul vœux possible dès lors,
Que cela dure!“)

Cette grâce temporaire de
l’innocence qui ne peut se
méfier de la vie.

Il ne reste trop peu de sursis en banque
pour que les habitudes se sédimentent.



Lettre ouverte
12 octobre 2008, 2:08
Classé dans : (à souligner), Espoir, Existence, Écrits
If I tell the world, I’ll never say enough
‘cause it was not said to you.

Adele, Chasing Pavements

Dans Néo-Luxes, j’avais écrit qu’être « fidèle à soi-même avant tout, agir à la hauteur de ses convictions, et ce quelles qu’elles soient: c’est d’être toujours plus digne que celui qui suit la morale des autres. » Il m’est étrange de constater avoir écrit une phrase de la sorte auparavant, car j’ai l’impression de n’avoir réalisé que très récemment sa signification réelle. Il serait hypocrite de dire que j’ai chassé tout doute de mon esprit, mais je renoue lentement avec l’intime conviction d’être pleinement ce que je suis. Encore plus, ceci malgré toute la vulnérabilité et parfois même la honte que cela entraîne.

Bien qu’ayant laissé derrière moi armes et armures face aux peurs qui m’apparaissaient insurmontables, je constate que ma lutte contre ces dernières n’en est que plus efficace. J’ai certes songé faire la paix avec mes fantômes, tous ceux que j’ai connus et qui ne sont plus. Mais je ne peux pardonner si je n’ai pas de rancune, tout comme je ne peux ignorer ces cicatrices qui témoignent du passé. Je ne sacrifierai pas ma dignité pour des gens qui ont, par le passé, décidé volontairement d’abdiquer la leur. S’il s’agit de choisir entre la fidélité envers soi-même et celle envers des espoirs nostalgiques, le choix s’impose de lui-même. Je prévoyais soutenir ce raisonnement de façon plus exhaustive, mais il y a toujours mieux à faire que de se justifier dans ce qui nous apparaît comme une évidence.

Si je n’expose ici que ma vision des faits, c’est parce qu’elle est bien la seule dont je puisse parler en tout connaissance de cause. J’ai appris cependant qu’elle n’a rien d’exceptionnel, dans l’espoir et surtout dans le désespoir : tout le monde a ses propres fins du monde. Mort prématurée de l’enfance, séparations amères, amitiés brisées, blessures narcissiques… tant de choses qui ouvrent une boîte de Pandore et qu’une personne pourra tenter de refermer durant une vie entière. C’est en fait là un point commun partagé par chacun de nous bien plus qu’il nous plaît généralement de l’admettre. Mais plutôt que d’y voir un signe terrible de la vacuité existentielle, j’y vois une preuve de la force incroyable qui nous anime tous. Après tout, ne sommes-nous pas tous en vie, avec une partie de nous qui tente tant bien que mal de contenir cette boîte de Pandore?

Il ne suffit que d’un peu d’observation pour voir ces mondes parallèles peuplés de fantômes qui suivent invariablement les gens que l’on croise dans notre vie, ces passés pesant sur leurs épaules, mêmes lorsqu’ils haussent celles-ci. Oui, de hausser les épaules malgré ce poids, n’est-ce pas admirable? C’est ce que j’entends par force. Une force tranquille qui, nonchalamment, fait passer les heures et puis les secondes dans ce monde dont nous ignorons encore l’ampleur de sa cruauté et de sa bienveillance. Dans ce monde qui nous est insaisissable, inconnu et parfois même étranger. Dans ce monde dans lequel nous n’avons pas choisi de naître, mais dans lequel nous choisissons de rester. Et ce choix, que l’on fait à chaque inspiration, restera toujours une victoire de l’humanité.



De quoi sont faits nos coeurs
14 septembre 2008, 12:36
Classé dans : Avec chanson, Espoir, Existence, Écrits
Beware the danger it lurks for those who get swept away
The dreamers get punished most by truth
They say it’s all in a little ways
One reveals their love’s gone away,
Love’s gone away

Nous marchons sur de fins parquets étroits construits de fragiles certitudes, et il ne suffit que d’un pas brusque pour provoquer sous nos pieds un néant d’incompréhension. Dès le cordon ombilical, l’être humain avance dans la vie comme un funambule, parfois irrémédiablement suspendu au dessus du vide sans point d’appui sécuritaire. Entre en jeu la technique que l’on enseigne aux petits enfants pour marcher bien droit : regarder bien droit devant. Peu importe ce point, même s’il n’est que fictif, ne pas le perdre de vue. Fixer l’horizon, y voir quelque chose qui n’y apparaît pas encore, et garder l’équilibre, le menton haut.

When my hand was in your hand
My heart was pure
Now I see a different man
Rewriting memories
The dogs run down the beach
And all I’m left with
Is sand in my shoes,
Sand in my shoes

Parfois, certaines personnes nous tendent des perches. Famille, amis, connaissances, heureux hasards, vaut mieux prendre ses perches lorsqu’elles sont présentes. Et quand elles se retirent, il faut recommencer à fixer ce point imaginaire et ne pas se laisser déconcentrer par les questionnements inutiles et surtout, antécédents à une future chute. Surtout quand ces mêmes personnes semblent nous tirer vers le vide, nous y précipiter tête première. La rancune est vaine : nous sommes tous un peu égoïstes, et nous avons toujours la malheureuse volonté de vouloir entraîner les autres avec nous, par peur de la solitude. C’est étrange mais naturel, c’est pourquoi il ne faut pas tenir rigueur pour ce genre de réflexe.

Fools like me
We love blindly
And the cracks don’t count
It’s gotta break in front of me

Et puis, qu’importe, les questions apparaissent souvent être une dépense d’énergie superflue qui fait chanceler le funambule. Lorsque l’on fonce, lorsque l’on avance, il ne faut pas se poser de questions. Il ne faut pas se demander si le point que l’on fixe est le bon, s’il ne serait pas plutôt préférable de fixer l’autre point à côté. Surtout pas, surtout pas quand les perches ont disparu. Il faut seulement garder l’équilibre. C’est tout ce qui compte, quand les perches disparaissent.

Now I recall that time at the café,
The thunderstorm outside
Words you could never say,
They hold the loudest tones
You say you’ll write
But it’s ink on a page,
Just ink on a page

Autre possibilité : les fils deviennent si nombreux qu’ils forment une toile d’araignée, labyrinthe insoupçonné et menaçant. Cela nous apparaît en premier temps un piège et nous avons le réflexe de rester sur le fil actuel, dû au confort de l’habitude. Vient le jour où nous outrepassons notre erreur initiale, après l’avoir fait maintes fois, et la logique fautive du raisonnement devient brutalement évidente. Car loin d’être un piège, cette toile est l’occasion unique de changer de voie et de diriger nos pas dans l’orientation de notre choix. Les ramifications sont en fait de nouveaux cordons ombilicaux qui apportent à nous des forces nouvelles, l’occasion de renaître ailleurs.

Tic Toc the time
Distant look grows in your eye
But fools never ask
Afraid of what lurks in your mind
I always knew, somehow, always knew
I always knew the truth

Avec une aisance étonnante, nous finissons par emprunter un de ces chemins inusités qui nous amènera à un endroit tout aussi surprenant. Fixant toujours ce point à l’horizon pour ne pas tomber, nous constatons que l’horizon change, et avec un peu de chance, que le soleil s’y lève. Et finalement, avec la confiance acquise, nous regardons le vide sous nos pieds pour réaliser que lentement un nouveau parquet s’est construit. Des certitudes bien solides se sont bâties sous nous, parce que force est de constater que nous avons grandi et que le poids du temps a grandi avec nous. Prendre un élan pour accélérer la vitesse apparaît alors si simple du moment où nous savons pertinemment que ces fondations solides ne s’effondreront pas.

Fools like me
We never see
Cause the cracks don’t count
It’s gotta break in front of me
And it’s breaking,
It’s breaking,
It’s breaking
It’s gotta break for me to see

C’est ainsi que la vie est faite : de développement et de croissance. D’une forme minuscule et abstraite émerge une vie dont les possibilités sont infinies, d’un amas de molécules qui ne ressemble à rien émerge un être d’une complexité ahurissante, et tout cela de manière étrange, mais naturelle. Étrange, un peu brouillon, mais naturelle.

At least I can say
I was not afraid
I loved you all the way
I’d pick the fool any day

Vanessa Carlton, Fools Like Me, Heroes And Thieves