D’humanité à humanité
Pardonnez-moi
De ne savoir faire des mots
Dans les dédales de vos têtes
Que des poésies tièdes
Pardonnez-moi
De ne laisser qu’une terre qui étouffe
Dans le fond de votre gorge
Au creux des abîmes bleus
Pardonnez-moi
De ne rien apprendre des sagesses anciennes
Dans les livres que nul ne lit
Sous les lampadaires rouillés
Pardonnez-moi
De transformer les symphonies d’avant
De barbouiller les fresques épiques
Avec le vacarme des métaux s’entrechoquant
Pardonnez-moi
De ne léguer que l’incertitude de l’infidèle
Dans des ténèbres elles-mêmes impuissantes
Contre l’oeuvre du temps et de la rancune
Car
D’humanité à humanité
Qu’y a-t-il d’autre à demander
Que d’être pardonné.
