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Le temps n’attend pas
23 avril 2009, 8:17
Classé dans : Écrits
Juste un petit mot bref ici pour dire qu’il n’y aura sûrement pas textes nouveaux ici jusqu’en juin… je peux bien recycler quelques vieilleries qui traînent d’ici-là, mais il est certain que je ne pourrai pas écrire rien de neuf. J’ai vraiment beaucoup trop d’autres choses à faire, hélas. Probablement que je vais aussi laisser des extraits de temps à autres d’auteurs que j’affectionne, parce qu’il y a toujours quelque chose à découvrir.

En cherchant une vieillerie potable, j’ai trouvé un poème que j’avais écrit à 13 ans. Même si la plupart ne sont pas aussi “réussis” disons, je suis contente d’avoir conservé tous mes poèmes depuis que j’ai commencé à écrire, parce que cela me fait toujours réaliser que “plus ça change, plus c’est pareil”. La vie ne change pas; elle évolue. Parfois, il y a des poèmes très chargés de colère, de tristesse et de désespoir qui me rappellent des temps plus orageux, que je suis bien contente d’avoir quittés. Ayant écrit une quantité incroyable de strophes, il y en a beaucoup dont je ne me souvenais plus. En les lisant, je croyais reconnaître telle ou telle période de ma vie… pour me rendre compte que je l’avais écrit bien avant! Cela m’effraie parfois un peu, ce côté “prophétique” des sentiments. Il faut dire que j’avais beaucoup d’imagination, faute d’expérience de vie! Mais la plupart du temps, je me souviens très bien des motifs qui m’avaient poussée à écrire telle ou telle chose, et j’arrive à faire la différence entre ce que je vivais en l’écrivant et entre ce que je vis en le lisant… Comme justement bon, le poème dont je parlais, qui aurait même pu être écrit l’an dernier…

« Regarder derrière
Fermer les yeux
Oublier les barrières
Et mourir un peu

Barrer à clé
Comme une autre histoire interdite
La légende maudite
Qui nous aura tant usés

Fermer la porte
Pour ne pas que ça sorte
Enfermer la bête en dedans
Qui pleure et qui mord tout le temps

Tuer un autre Moi
Qu’était ma mémoire de Toi
Éteindre une lumière
Ne rien laisser en arrière

Savoir perdre au bon moment
Comprendre enfin que ce moment c’est maintenant
Feindre et s’éclipser
Pour ressusciter

Tout recommencer à zéro
Sourire à la vie de nouveau
Respirer à fond
Sans avoir mal aux poumons

Étendre les bras en croix
Se laisser porter par l’inconnu
Où le bien et le mal n’existent plus
Et que le bonheur est au bout de nos doigts

Y toucher enfin
Pour ne pas le laisser s’enfuir une autre fois
Et faire naître un autre Moi
Et lui prendre la main
»


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Il est nécessaire de saisir l’opportunité du temps qui passe et je comprends votre choix. Ce poème de l’adolescence est un petit bijou d’écriture qui respire la spontanéité.

En partageant vos créations de jeunesse dans ce qu’elles ont de plus actuelles, vous faîtes un rare présent à vos lecteurs. Merci pour cette touchante reconversion de texte d’un temps passé, qui lui non plus ne s’est pas arrêté.

A bientôt.

Commentaire par Yliathim




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