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Néo-luxes (inachevé)
8 avril 2008, 6:34
Classé dans : (à souligner), Existence, Écrits
La justice, l’ignorance et le pessimisme, ce sont trois privilèges à leur façon.

La justice, parce que son action demande des circonstances très limitées. Est juste celui qui peut se permettre de jouer selon les règles du jeu et en sortir gagnant. Celui qui se sait promis à la défaite est parfois contraint d’outrepasser quelques interdits de morale.

L’ignorance est un luxe également dans la mesure où le savoir que nous occultons, cette puissance qu’il recèle, nous n’en avons pas besoin. Nous n’avons pas besoin de cet atout pour vivre et survivre : les nôtres nous suffisent. Celui qui ignore volontairement se trouve si riche de ce qu’il sait déjà, car il peut se permettre le désintérêt.

Le pessimisme sincère, quant à lui, est un luxe encore plus grand que l’ignorance. C’est le luxe de celui qui sait qu’il est béni, protégé par quelconques circonstances avenantes à son égard. Il peut ainsi être prophète de malheur sans être inquiété, car il se sait à l’abri. À ceux qui n’ont pas ce privilège, le pessimisme n’est pas permis dans la mesure où l’action demeure nécessaire. Le pessimisme freine trop souvent le mouvement, et est proscrit pour ceux concernés par l’objet du pessimisme en question.

Être fidèle à soi-même avant tout, agir à la hauteur de ses convictions… quelles qu’elles soient: c’est d’être toujours plus digne que celui qui suit la morale des autres. Voilà le grand luxe, l’éventuel péché ultime : la pensée personnelle. Cette capacité chèrement acquise par cette connaissance diabolisée.

Et si penser est un luxe, il ne faut pas être leurré par celle-ci. Par exemple, il ne faut pas penser que la vie punisse. Cela reviendrait à dire qu’elle puisse être volontairement mauvaise. La vie est bonne au contraire, ou sinon ne peut que l’être dans l’absence de considération des hommes capables de si peu de pitié. Cette humanité punit; non la vie. Cette humanité se venge du bonheur d’autrui, mais la vie n’en a que faire. Elle dépasse en soi ces enfantillages.

(inachevé, à suivre?)


Un commentaire jusqu'à présent
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J’aime bien tes essais philosophiques, c’est souvent – sinon toujours – vrai, et surtout très réel.

Pour ce qui est de mon poème, je l’avais commencé il y a un an et terminé un peu après.

Dans l’espoir d’une éventuelle suite à ton post.

Commentaire par Marc




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