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C’est la joie
5 novembre 2007, 8:28
Classé dans : Espoir, Écrits | Mots-clefs:

J’ai essayé d’écrire des choses joyeuses, sans succès. C’est arrivé quelques fois, mais on aurait dit davantage une parodie du bonheur. Pourtant, je ne suis pas quelqu’un de malheureux dans la vie. Quelqu’un d’anxieux, d’angoissé, de nerveux. Pas malheureux.

En société, le malheur est indisposant. Honteux, gênant, humiliant. Le regard curieux et malsain que gens posent sur ceux qui pleurent me tue, sans compter le jugement qui accompagne ce regard. Un public si cruel me peine et c’est pourquoi je détourne les yeux devant les pleurs: non pas par indifférence, mais par délicatesse. Cependant, je ne peux oublier le peu d’amour-propre que ceux qui se donnent en spectacle (car les pleurs dégénèrent toujours en symphonie de larmoiements, de hoquets) de façon provocative. Certes, certains drames arrivent brusquement et surprennent l’être désemparé, mais il m’est arrivé d’assister à de simples crises. Des crises comme ça, tout bonnement, une longue série de plaintes parce que les gens ne s’assument pas et n’osent se lever et dire haut et fort qu’ils sont en désaccord et agir en conséquence. Au contraire, ils s’assoient et courbent l’échine à cette place qui cause leur désarroi, je n’aime pas où je suis MAIS CHANGE DE PLACE OU ASSUME ET TAIS-TOI! C’est une attitude qui réveille mon côté sombre…

Et voilà que je voulais écrire quelque chose de joyeux aujourd’hui, parce que je suis de bonne humeur, mais impossible. Le pathologique m’intrigue tant que je ne peux passer outre. Il est évident que par l’écriture j’extériorise ce malheur si indisposant sur la place publique, car nul ne s’embête de lire jusqu’à la fin un blog qui l’irrite. Ainsi, je suis libre de déblatérer comme il me plaît, cela m’est facile. Sans compter les longs passages inutiles qui peuplent mes carnets de notes, mais que j’aime bien relire. D’ailleurs, j’ai trouvé quelque matériel très intéressant hier soir en feuilletant le cahier où j’ai écrit mes premiers (tout premiers) poèmes, et que j’avais continué de noircir cet été, entres autres, où se trouve le texte des éclaireurs écrit sur un banc à Cannes (oui, quand la vie était facile). C’est l’un de mes rares écrits heureux auquel j’attribue un certain intérêt véritable, malgré sa brièveté. Il est vrai qu’il est toujours agréable d’être reconnu par les gens que l’on reconnaît.


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