Je me demande si elle est la même, pour tous et toutes.
Sûrement que non. Certains dormiront, d’autres non. Certains dormiront seuls, d’autres non. Sûrement que non. Non, il n’existe pas et ne peut existe qu’une seule et unique nuit pour tous et pour toutes dans l’histoire de l’humanité.
Un tumulte suffocant, sans gloire, sans grandeur, qui se perdait en vain, à la tombée d’une nuit d’hiver. Cette nuit n’était même pas glacée ou neigeuse. (Bataille, le Bleu du Ciel)
Cela m’a fait, ma foi, un bien grand effet. Peu m’a importé le contexte, j’ai été projetée dans un monde qui n’existe qu’au fin fond de mon existence, sous les jours empilés comme des draps sales. Je m’exerce encore à outrepasser ma raison, mon intuition de l’inutilité. Voyons… ces promenades tardives en hiver, l’infanticide de nos pas sur un tapis blanc. Et un être qui dit “même pas glacée ou neigeuse” transcende au-delà de seul l’indicible. Comme si cela référait à une quelconque vie antérieure, ou les Jours que j’ai oublié. Mais c’était mort, mort aussi certainement qu’un coucou qui se tait à midi.
Et ce ciel. Est-il le même pour tous et pour toutes?
Non. Définitivement non. Il est clément pour certains, pour d’autres non. Quand je le scrute, il m’apparaît impartial, d’un bleu juste, juste un seul bleu. Encore plus que la nuit, ce ciel utopique n’existe que pour une seule personne.
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