
C’est le parfum des chemises à la couleur de l’insouciance
Comme une jeunesse venant et allant par les volets silencieux
Avec ses souvenirs désormais devenus constellations à contempler dans les nuits trop noires
Déjà trop loin pour éclairer la route sineuse devant
Nous avions pour nous l’art des promesses et la folie de l’espoir
Le soleil n’était jamais très loin même à minuit
Partout la beauté de ne rien savoir et de ne rien vouloir de plus que l’éternité
Avec la désinvolture de ceux à qui tout est déjà donné
Il y avait du bruit, des éclairages et des rires cristallins
Des exclamations, des chansons et des états seconds
Alors que déjà se dessinait un avenir parallèle
Comme il est étrange de ne pas vivre tous ses futurs
Nous n’avions pas encore la sagesse des deuils précipités
Et celui de cette ivresse perpétuelle de beauté est une lente chanson triste
Qui n’a que faire des cœurs en harmonie
Le silence de sa fin ne pardonne pas les notes égarées
Ce fut de beaux instants, nul ne saura en douter
Nous porterons toujours en nous les derniers rayons de nos meilleurs étés
Ils percent les nuages de nos regards usés et réchauffent les jours trop courts
Nous savons qu’il reste tant à vivre de ce bonheur à peine entamé
Il est inusité de parler au passé
Alors que la joie des retrouvailles rejoint celle de la première rencontre
C’est ainsi que l’on reconnaît l’amitié véritable
Parmi l’affluence de visages familiers qui tapissent une vie
Ceux aux rides d’émotions et aux cernes de lumière
Qui partagent nos mémoires comme des mains en puits
Contenant les larmes qui n’y seront jamais versées
Risibles sont les bonheurs silencieux
Et nous savons encore marcher en avalant les jours
Comme nul n’oublie de dévaler les herbes folles
L’enfance est une formule magique qui s’énonce difficilement
Mais qui se libère en ouvrant les poings
Pourtant nous nous entêtons dans les affres de ce chantier en cours
Au bagne de la responsabilité des valses romantiques à venir
Que d’autres innocents danseront en haussant les épaules
Essuyons sans gêne la sueur sur nos fronts, car nous avons raison
Nous garderons toujours le meilleur pour l’avenir
Parce que nous savons ce qu’il cache de pire
Et que nous ne sommes pas nés seuls, bien que nous le finirons
Mais entre temps, nous pouvons encore vivre comme si nous l’ignorons
Levons nos verres à la source cristalline
Qui ne se tarit jamais d’être claire et limpide
Dans le cœur de celui qui a toujours soif
De bonté et d’humanité.

La voix de la solitude crie d’une douceâtre tristesse
À travers les cœurs mis en sourdine
Il y a des limailles et des éclats de vitre qui vibrent
Puis le lasso suspend le vide
Comme les aiguilles d’une horloge à plat
Constat de décès à six heure et demie
À six heures et trente et une, mettre sur le masque de tristesse
Un peu de fard à froideur
Et un drap funèbre
Il faut se souvenir du vieillard
Bien avant les pantoufles usées et bien avant les souvenirs troués
D’avoir porté le poids des ans
Il faut penser à l’enfant qui naît
Sur le sein de ses origines
Dans la chaleur du monde promis
La voix de la naissance crie de douleur et d’extase
À travers les yeux de parents aimant
Il y a des choses et des évènements qui ne s’expliquent pas
Puis sans attendre d’élucidation la vie commence
Étant ce qu’est Greenwich aux indigènes
Et les marées aux déserts
À quelques minutes déjà vers la mort, respirer pour la première fois
Un peu d’amour heureux
Et des mains berceuses.
Comme dans le sens d’expérience. J’avais en tête depuis un petit bout l’idée d’utiliser la vidéo pour accompagner un écrit, voici donc le résultat du premier test. Il y en aura sûrement d’autres à venir, plus peaufinés. À voir en plein écran pour une meilleure lisibilité, si jamais cela vous pose problème.
Des milliards de mots
Dans les yeux dans la tête
Jamais un de trop.

Pardonnez-moi
De ne savoir faire des mots
Dans les dédales de vos têtes
Que des poésies tièdes
Pardonnez-moi
De ne laisser qu’une terre qui étouffe
Dans le fond de votre gorge
Au creux des abîmes bleus
Pardonnez-moi
De ne rien apprendre des sagesses anciennes
Dans les livres que nul ne lit
Sous les lampadaires rouillés
Pardonnez-moi
De transformer les symphonies d’avant
De barbouiller les fresques épiques
Avec le vacarme des métaux s’entrechoquant
Pardonnez-moi
De ne léguer que l’incertitude de l’infidèle
Dans des ténèbres elles-mêmes impuissantes
Contre l’oeuvre du temps et de la rancune
Car
D’humanité à humanité
Qu’y a-t-il d’autre à demander
Que d’être pardonné.





